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L’INTERNATIONALISME DES ROCKEFELLER

Posted by psppander sur janvier 17, 2008

L'INTERNATIONALISME DES ROCKEFELLER
1re partie

Tout au long du XX sicle et jusqu' nos jours, la famille Rockefeller, par sa politique de philanthropie et de pouvoir, a eu un rle prpondrant dans l'avnement de ce qu'on nomme aujourd'hui le « Nouvel Ordre Mondial ».
Les visions des Rockefeller sur le Nouvel Ordre Mondial, de 1920 2002
Les plus riches ont manifest depuis longtemps la suffisance de considrer que leur vaste fortune et le pouvoir politique qu'elle entrane, leur confrent le droit de changer le monde. La maison Rothschild, par exemple. la plus puissante des dynasties de la banque du XIX sicle, utilisa sa puissance et son influence sur la sphre politique l'occasion de nombreuses tentatives (pas toujours heureuses) de remodeler le paysage politique europen dans le but d'empcher le dclenchement de la guerre. Ce qui lui valut. dans certains milieux, une rputa-tion de « pacifiste militante ». « Ce que dit Rothschild est dcisif », concdait un diplomate autrichien. « et il ne donnera pas d'ar-gent pour la guerre. » L'attitude de cette famille fut encore mieux rsume par l'affirmation suivante prsume avoir t exprime par la femme de Mayer Amschel Rothschild (1744-1812), fondateur de la dynastie: « La guerre n'aura pas lieu, mes fils n'en fourniront pas les moyens financiers. » Il faut comprendre que les motivations des Rothschild empcher les hostilits taient loin d'tre dsintresses, la fortune et le pouvoir de la maison reposant sur la stabilit du march obligataire international, il s'agissait d'une question de survie conomique. « Vous ne pouvez avoir la plus petite ide de ce qui arriverait si nous avions la guerre, Dieu ne plaise ! », se lamentait un des fils de Mayer Amschel en 1830, « il serait impossible de vendre quoi que ce soit. « 1 Les investissements ne sont acceptables que s'ils sont rentables. Aussi banale tait la cupidit ainsi affiche.

Au cours du sicle dernier, cependant, la classe sociale des puissants a manifest plus clairement sa volont. En fait, l'utilisation de l'argent pour provoquer des changements globaux est alors devenue une noble entreprise, de celles qui suivent habituellement une piphanie spirituelle, lorsque des dcennies de collecte impitoyable de biens dbouchent sur un dsir soudain d'uvrer pour le bien commun plutt que sur une inclination au luxe. Un pionnier clbre de cette approche fut Andrew Carnegie (1835-1919), un des dits « barons-voleurs » de « l'ge dor » de la fin du XIX sicle, alors que l'conomie amricaine tait domine par les « trusts », dont la compagnie Carnegie Steel. Aprs avoir vendu sa socit au magnat J. P. Morgan en 1901 . Carnegie ddia le reste de sa vie et de sa fortune une croisade pour la paix dans le monde.
Aujourd'hui clbr comme le pre de la philanthropie, Carnegie pensait que seule la minorit la plus riche avait prouv sa capacit changer la socit et que la multitude devait tre exclue de telles dcisions. « La richesse aux mains de quelques-uns » crit-il, « peut devenir une force bien plus efficace pour l'lvation de notre espce que si elle est redistribue en petites sommes au peuple. « 2 C'est une logique similaire qui guide beaucoup des acteurs de la philanthropie sociale d'aujourd'hui, dont Ted Turner, Bill Gates et George Soros, qui consacrent leurs milliards aux causes « honorables » qui soutiennent leur propre vision d'une socit mondiale « juste ».
Cela nous amne naturellement la famille Rockefeller, qui utilisa sa fortune, dont l'origine remonte au XIX sicle, pour tablir un rseau relationnel philanthropique qui eut une importante influence sur les politiques gouvernementales mises en uvre sur la plante depuis prs d'un sicle. Ce fait est reconnu depuis longtemps par les spcialistes de la question du « Nouvel Ordre Mondial », qui estiment que les membres de la famille Rockefeller figurent parmi les acteurs cls, sinon les architectes et commanditaires, de ce qui est dsign comme un occulte complot destin tablir un « Gouvernement Mondial » de nature dictatoriale. En 1970, par exemple, Gary Allen dclarait dans son livre « The Rockefeller File » (Le dossier Rockefeller) : « l'objectif majeur des Rockefeller aujourd'hui est la cration d'un Nouvel Ordre Mondial – un gouvernement unique contrlant l'ensemble de l'humanit », Les chercheurs actuels dans le domaine ne sont pas moins affirmatifs sur la responsabilit des Rockefeller. Le trs controvers David Icke les dcrit comme une famille pivot au sein de la « hirarchie de ligne gntique » qui s'efforce de mettre en uvre « l'agenda de la fraternit » visant l'tablissement d'un « contrle centralis de la plante ». Sans les Rockefeller et leur « manipulation aux tats-Unis et au-del », crit Icke, « il existerait une libert bien plus grande aux USA et dans le monde en gnral ».3
Que l'mergence d'un Nouvel Ordre Mondial soit le produit des dcisions prises sur instructions de l'lite du pouvoir, dont font partie les Rockefeller, n'est pas ici discutable, dans la mesure o les preuves en sont considrables, Cependant, certaines questions cls demeurent floues, comme celle qui divise les « anti-mondialisation » sur la question de savoir si ce Nouvel Ordre dcoule d'un processus habile de renversement des souverainets nationales (y compris les USA) par des institutions supranationales « socialistes », ou s'il s'agit d'un processus de « capitalisme corporatiste » multinational men par les USA relguant les organisations internationales au second plan.4
En examinant les projets spcifiques aux Rockefeller, on peut observer que pour l'lite dessinant le Nouvel Ordre, il ne s'agit pas de choisir entre les institutions mondiales et le march mondial mais bel et bien d'une combinaison prudente des deux approches, pour laquelle les blocs rgionaux servent de tremplins l'assise d'un systme autoritaire et mercantile de « gouvernance mondiale » .~
En fait, la famille Rockefeller s'est place aux avant-postes de l'effort contract dans le but de convaincre, de flatter et de coordonner l'action des gouvernements en soutien de son projet au cours de la plus grande partie du XXe sicle et ce, jusqu' nos jours. En effet, les stratgies communment associes la fois aux deux modles « libral » et « collectiviste » de gouvernance mondiale, c'est--dire le leadership amricain, les Nations-Unies, le libre march, le nolibralisme, les institu-tions financires internationales, les
marchs de libre change, le contrle dmographique, la rglementation environnementale mondiale, I'Alliance Atlantique et le fdralisme que les Rockefeller ont soutenus depuis presqu'un sicle, l'ont t soit directement, soit par le biais de diverses organisations de conseil politique de l'lite qu'ils ont finances, fondes ou contrles.
Le propos de cet article est de prciser les origines et l'volution de l'idologie internationaliste des Rockefeller, depuis John D. Rockefeller Junior, travers ses fils les plus influents : John D. III, Nelson, Lawrance et David – jusqu' leur progniture, couvrant la priode de 1920 nos jours.
John D. Rockefeller, Jr, et l'hritage de Woodrow Witson
L'histoire de l'intrt port par les Rockefeller l'internationalisme ne dbute pas avec des spculations hasar-deuses sur leurs origines reptiliennes ou avec John D. Rockefeller Senior (1839-1937) – le patriarche incorruptible et fondateur de la Standard Oil,, fondement du pouvoir de la dynastie, mais avec John D. Rockefeller, Junior (1874-1960), qui contrla la fortune des Rockefeller pendant la premire moiti du XX sicle. Cela peut sembler contraire aux thories orthodoxes prvalentes et certains rcits plus distrayants, mais les Rockefeller n'ont pas souscrit l'idologie mondialiste avant l'poque de John D. Junior.
Malgr ses nombreux voyages en Europe et ses tentatives d'accaparer les marchs trangers du ptrole (qui eurent pour rsultat une scission avec les Rothschild un certain moment), Rockefeller Senior avait montr peu d'intrt pour les affaires internationales.
Hormis son immense fortune (quivalant environ 200 milliards de dollars d'aujourd'hui), le seul autre hritage durable laiss sa grande famille fut une philosophie et une philanthropie au service de son intrt dclar pour l'amlioration de l'humanit, et par extension le concept de Nouvel Ordre Mondial.
Le fondement de la philanthropie de Rockefeller Senior, selon son biographe Ron Chernow, tait sa « foi mythique en l'ide que Dieu lui avait donn sa richesse pour le bnfice de l'espce humaine ». Il tait un fervent Baptiste et sa religion dterminait l'essentiel de sa philanthropie prcoce. Il fut aussi influenc par l'argument de Carnegie selon lequel les riches devaient employer leur argent pour attnuer les tensions sociales rsultant des ingalits croissantes, plutt que laisser leurs hritiers le gaspiller assurer un style de vie hdoniste. Carnegie crivit dans la North American Review (1889) que « celui qui meurt riche meurt disgraci ». Inspir par la devise de Camegie, Rockefeller s'engagea dans un programme philanthropique nergique bien qu'il vitt de faire des dons directement aux ncessiteux. Invoquant le besoin « d'abolir le mal en le dtruisant la source », il investit son argent dans les institutions ducatives en esprant que leurs diplms « rpandraient leur culture largement et sur de longues distances », Rockefeller ne souhaitait pas bouleverser la hirarchie sociale, souscrivant au point de vue darwinien justi-fiant la situation de certains au dbut de la chane alimentaire par les dfauts de personnalit et une « faiblesse du corps, de l'esprit ou du caractre, de la volont ou du temprament »- il pensait cependant dvelopper par sa gnrosit les « fortes personnalits » ncessaires une plus large redistribution des richesses »6. Pour lui, changer la faon de penser des gens plutt que leur condition matrielle tait le moyen le plus efficace.
Mais il existait derrire le dveloppement de l'empire philanthropique des Rockefeller des calculs plus pragmatiques. Aprs l'acerbe histoire de la Standard Oil crite par Ida Tarbeil dans le McClures Magazine en 1902, « il tait obsd par l'amlioration de son image publique. En institutionnalisant ses dons, il esprait « dmontrer que les riches hommes d'affaires pouvaient honorablement se dcharger du fardeau de leur richesse » tout en attnuant de futures investigations sur l'origine de sa fortune. L'autre raison qui mergea aprs que Woodrow \Vilson ait mis en uvre l'impt sur le revenu en 1913 fut que les dons but philanthropique taient dfiscaliss. Ainsi, la cration de la fondation Rockefeller en 1913 protgea la plus grosse part de sa fortune des taxes de succession. Cela proccupait grandement Rockefeller qui s'opposa mme l'impt sur le revenu de 6 % rcemment adopt, dclarant « que lorsqu'un homme a amass une somme d'argent, le gouvernement n'avait aucun droit de redistribuer ses gains ».7
Au milieu des annes 1890, Rockefeller se retira graduellement de la gestion publique de la Standard Oil tout en injectant une bonne part de sa fortune dans la fondation Rockefeller et dans d'autres uvres caritatives. En 1915, il fit don du reste son fils et hritier : Junior. A la diffrence de la sagacit et de la brutalit de son pre, Junior tait de caractre timide, tourment par le dgot de soi-mme et l'vidence touff par le poids des attentes de son pre en ce qui concernait la gestion des affaires de la famille et de ses investissements philanthropiques. C'est dans le but de l'aider dans cette tache incommensurable que Junior engagea en 1920 le juriste Raymond B. Fosdick (1883- 1972) comme conseiller stratge cl.8
Le trs convainquant Raymond B Fosdick
On peut s'tonner que le nom de Fosdick soit absent de la plupart des tudes portant sur le concept de Nouvel Ordre Mondial, dans la mesure o sa relation avec Junior est dterminante la comprhension de la faon dont les Rockefeller y sont impliqus. Comme l'un des plus proches
confidents de Junior, aussi bien que comme administrateur (1921-1948) puis plus tard Prsident (1936-1948) de la fondation Rockefeller, Fosdick eut un rle pivot. C'est lui qui pressa Junior d'embrasser la doctrine internationale librale du Prsident Wilson. Il n'est pas surprenant que Fosdick ait t toute sa vie un supporter de Wilson, le reconnaissant lui-mme lors d'une confrence donne en 1956 l'universit de Chicago: « du premier jour de notre rencontre (Wilson) jusqu' sa mort, ma profonde admiration et mon respect lui restrent acquis ». Il affirma galement avoir form avec lui « une longue et parfois proche collaboration » depuis 1903, lorsqu'il commena ses tudes l'universit de Princeton, alors que Wilson tait Prsident.9
Cette premire rencontre fut le dbut d'une longue et productive association et Wilson eut dans les annes qui suivirent un rle moins que passif dans la carrire de Fosdick. Lors de la campagne prsidentielle de 1912. ce dernier fut engag comme secrtaire et commissaire aux comptes du comit de la commission nationale du parti dmocrate. Il occupa ensuite divers postes dans l'administration Wilson dont celle de prsident de la Commission on Training Camp Activities, la fois dans les dpartements de la Navy et de la Dfense. II accompagna Wilson la confrence de paix de Paris de 1919 comme conseiller civil. A cette poque, il entretint galement de proches relations avec l'nigmatique conseiller du Prsident, le colonel House.
l'vidence, Fosdick eut alors une influence importante illustre par la demande que lui fit Wilson d'accepter l'offre du secrtaire gnral de la Ligue des Nations, Sir Eric Drummond. concernant le poste de sous-secrtaire. En bon supporter de la Ligue, il accepta avec enthousiasme et prit ses fonctions en juillet 1919. Ce fut une avance importante qui fit de lui un des deux sous-secrtaires de la Ligue (l'autre tait le technocrate franais Jean Monnet, futur fondateur de la Communaut Europenne), ainsi que l'Amricain le plus haut plac au sein de l'organisation.10
Mais la ralisation des rves de Fosdick devait tre courte par l'opposition du Snat l'adhsion amricaine la Ligue des Nations qui atteignit son paroxysme avec les tentatives persis-tantes du snateur Henry Cabot Lodge d'amricaniser l'organisation internationale cette mme anne. Bien qu'il soit persuad que les prises de position de Lodge rsultaient d'un « degr d'immaturit de nos ides et de notre pense ». Fosdick savait que la controverse avait rendu sa position intenable, le poussant dmissionner en janvier 1920. Se dclarant lui-mme soulag d'un « fardeau lourd de silence », Fosdick, amer et du, tait rsolu « dire ses convictions au monde entier ». Raliser la vision de Wilson d'un Nouvel Ordre Mondial devint alors son obsession.11
ce point de dveloppement de notre expos, il est important de revoir ce que signifiait la vision originale de Wilson d'un Nouvel Ordre Mondial. Trois composantes essentielles l'animaient :
– La premire et la plus connue tait la Ligue des Nations, conue par le Prsident comme une « communaut de pouvoir » et une « paix commune organise », l'organisation servant de forum permettant d'arbitrer les conflits territoriaux et dtenant le pouvoir de renforcer ces rsolutions. Selon Henry Kissinger, cette vision audacieuse « traduite institutionnellement revenait un gouvernement mondial ».12
– La seconde tait l'ide de libre march commercial international dfendue par Wilson. comprenant parmi les
Quatorze Points de sa doctrine l'exigence d'un total « galitarisme du march » et d'une « suppression de l'ensemble des barrires conomiques ». Wilson tentait de raliser la doctrine britannique du libre march, dfendue au XIX sicle par des conomistes comme Richard Cobden et « l'cole de Manchester », qui favoriserait l'avnement d'un monde unifi par les liens commerciaux dont toute guerre serait bannie. Mais Wilson considrait galement que l'industrie amricaine s'tait « dveloppe un point exigeant pour sa survie un libre accs aux divers marchs de la plante ». Enraciner le libre march par un trait mondial, raisonnait-il, sauvegarderait les producteurs amricains.13
– Troisimement, Wilson tait un supporter de l'intgration transnationale, la fois aux niveaux conomique et politique. Ceci apparaissait dans sa proposition avorte du « Pan-American Pact » de 1914-2015 dont le propos, selon son conseiller, le colonel House, tait de « souder les deux continents amricains au sein d'une union plus forte ». Wilson et House pensaient aussi que le Pan-American Pact servirait de modle l'organisation politique de
l'Europe. puis du monde.14
– Quatrimement. Wilson pensait que les USA devaient assumer le rle de leader mondial auquel ils taient destins « et tendre leur suprmatie sur les autres nations pour garantir la paix et la justice partout dans le monde ».15
L'vocation faite ici de « la paix et la justice » doit tre bien sr envisage avec la vigilance que mrite toute rhtorique politique, spcialement aux vues des nombreux paradoxes qui ont jalonn la carrire politique de Wilson. Aprs tout, c'est bien lui qui mena campagne pour la prsidentielle de 1911-1912 soutenant qu'il resterait ferme face aux « matres du gouverne-ment des tats-Unis… que sont les capitalistes et les industriels. » Pourtant il dpendait lourdement de ces mmes « matres du gouvernement », compte tenu que le tiers du financement de sa campagne tait assum par seulement 40 personnes. Parmi eux, les banquiers de Wall Street Jacob Schiff (Kuhn. Loeb & Co.) et Cleveland Dodge, l'agent de change Bernard Baruch et de nombreux industriels, dont les propritaires de l'International 1-larvester Companv connu aussi sous le nom de ''Harvester Trust''). C'est le mme Wilson qui exprima son opposition au « credit trust » des banquiers tout en fondant le systme de la Federal Reserve (banque centrale), satisfaisant le double objectif de Wall Street d'internationaliser le dollar amricain et de contrler la cration de la monnaie et du crdit aux tats-Unis.16
tant donn que Wilson tait lui-mme prisonnier des « trusts » qu'il avait publiquement attaqus, il tait probablement invitable que l'un de ses plus dvous partisans se consacre au service de l'un des plus importants de ces conglomrats.
Guid par le dsir de voir l'ambitieux modle d'ordre mondial de Wilson devenir ralit, Fosdick avait plaid en faveur de l'implication amricaine au sein de la Ligue des Nations en crant l'Association de la Ligue des Nations en 1923. En janvier 1924, il rendit visite Woodrow Wilson, alors souffrant, en mal d'inspiration et de guidance. Il ne fut pas du. comme Gene Smith le relate dans When the Cheering Stopped (Lorsque les acclamations cessrent) : Wilson dit Fosdick qu'il tait impensable que l'Amrique fasse obstacle au progrs humain ou qu'elle reste l'cart car elle ne peut trahir l'espoir de l'espce. Sa voix se brisa, devint rauque et il murmura que /'Amrique allait apporter son nergie spirituelle la libration de l'espce humaine. Celle-ci fera un pas en avant, un pas grandiose : l'Amrique ne pourrait par rester la trane. Fesdick tait jeune et lorsqu'il se leva pour partir, il fit le serment au nom de la jeune gnration qu'ils mneraient bien le travail commenc.17

Il est vident que ce testament que fit Wilson – il mourut un mois plus tard – renfora le zle mondialiste de Fosdick. Absolument convaincu que la seule faon de garantir la paix dans le monde tait d'tablir une forme de gouvernement mon-dial et que seul le leadership des tats-Unis pouvait en permettre l'avnement, Fosdick dvolut toute son nergie essayer d'orienter l'opinion publique et celle de l'lite dans cette direction. En 1928, il publia The Old Savage in the New Civillization (Le vieux sauvage au sein de la nouvelle civilisation), qui avalisait les concepts de « conscience plantaire » et « d'intelligence collective. » Il y soutenait que pour que les nations puissent coexister pacifiquement »… nous devons disposer d'un systme centralis, d'une procdure institutionnalise, par laquelle nous pourrons dterminer des principes et des rgles de vie commune… La revendication de la souverainet absolue des tats est devenue notre poque la suprme anarchie. » 18
Un lve de bonne volont

Le meilleur atout de la croisade de Fosdick, mene dans le but de ramener les USA dans le schma d'ordre mondial hrit de Wilson, allait tre le trs pieux, coupable et influenable John D. Rockefeller Junior. Bien qu'hritier dsign de la fortune de la Standard Qil, la nature impitoyable et la finesse du pre manqurent au fils. Fidle aux prjugs de son pre, Junior s'tait affirm en Rpublicain convaincu, rejetant la fois Wilson et la Ligue des Nations, quoique les massacres de la pre-mire guerre mondiale l'eussent amen flirter avec les ides de la coopration internationale. Il avait embrass l'intercon-fessionalisme, participant au Mouvement Mondial Inter-glises qui avait cherch combiner les ressources des confessions chrtiennes protestantes dans une tentative de « Christianisation du monde ». En Junior, Fosdick affirma avoir trouv un « homme remarquable » « d'une grande sincrit, muni d'un vif sens des responsabilits » qui « cherchait tre convaincu et non soumis. » D'une faon logique, convaincre Junior de rallier l'idologie mondialiste devint l'un des buts de Fosdick.19
Bien qu'il ne l'admette pas dans ses mmoires, il fut trs efficace remodeler la vision du monde de Junior. La biographie servile de Junior qu'crivit Fosdick sugg-re que l'internationalisme croissant de Rockefeller rsultait uniquement d'un mlange inspir par ses voyages de jeunes-se autour du monde et par une « conscience religieuse de la bont humaine et des liens qui unifient le monde. » Pourtant, compte tenu du rle de proche conseiller qui lia Fosdick Junior des annes vingt aux annes quarante, on remarque une tendance vidente chez Junior, inexplicable par ailleurs, mani-fester des sentiments internationalistes de plus en plus sophistiqus. Ainsi en vint-il soutenir la
Ligue des Nations et fonder le premier corps de l'establishment de l'Est des USA : le Council on Foreign Relations (CFR). Inexplicable uniquement si l'on ignore la connaissance tacite qu'avait Fosdick du caractre trs mallable de Junior – « ses opinions taient invariablement marques par la tolrance, et l'inflexibilit ne faisait pas partie de son caractre » – et ainsi donc ouvert ses suggestions20. Les preuves de la conversion de Junior l'idologie de Fosdick abondent. L'une de ses initiatives pendant les annes vingt fut la cration de Maisons Internationales ou-vertes aux tudiants trangers des universi-ts amricaines, Junior y voyait « un labora-toire de relations humaines, un monde en miniature dans lequel une ambiance de ca-maraderie pouvait se dvelopper. » En 1924, lors d'un discours aux tudiants trangers, Junior fit part de son espoir qu'un jour… plus personne ne parle de « son pays » mais de « notre monde ».
Invitablement, pouss par Fosdick, Ju-nior devint plus prompt soutenir la Ligue des Nations. Fosdick prsenta Junior Ar-thur Sweetser, un des quelques Amricains travaillant encore au sein de la Ligue, qui motiva galement son intrt pour cette or-ganisation mondiale. L'enjeu tait clair, amener Junior qui grait la Fondation Rockefeller verser des subsides l'orga-nisme sanitaire de la Ligue et plus tard faire don de 2 millions de dollars de ses fonds propres pour la cration de la biblio-thque de la Ligue. Au cours des annes vingt, il attribua galement 1 200 dollars annuels au CFR, contrl alors par des sup-porters de Wilson et participa hauteur de 50 000 dollars l'tablissement du mme organisme dans ses nouveaux quartiers de l'immeuble Harold Pratt New York.21
L'influence durable de l'internationalisme wilsonien de Fosdick est galement vi-dente dans un courrier adress par Junior en 1938 dans lequel il rit de nombreuses obser-vations au sujet de l'impact des progrs technologiques et de l'interdpendance croissante. En effet, il y prdisait la fin de l'Etat-Nation et y retraait le cours de l'vo-lution que ses fils s'efforceront de raliser, telle une prophtie de leur propre prosprit :
Chaque jour passant, avec son lot de nouvelles inventions augmentant la rapidi-t des transports et faci1itant la communi-cation, la coopration entre les hommes et les nations devient plus importante. Les nations sont rendues plus interdpendantes que jamais. Les aiguilles de l'horloge de l'histoire ne pourront plus faire marche arrire. L'ancien ordre mondial de l'isolement gographique, de l'autosuffisance personnelle et nationale est dfinitivement obsolte. Le futur de la civilisation humaine sera dtermin par le degr de succs de l'apprentissage de la coop-ration et du savoir vivre ensemble des hommes et des nations.22
L'adhsion de Junior l'internationalisme de Fosdick culmina avec la dcision prise la fin 1946 de faire donation la ville de New York du terrain accueillant le quartier gnral de la nouvelle ONU, toujours utilis aujourd'hui. Mais on peut dire que l'hritage essentiel de Junior reste l'impact de son rcent zle mondialiste sur ses enfants. Son effet fut double : premirement, il fit voluer la philosophie philanthropique de son pre qui employait la richesse familiale au chan-gement de la socit vers une intgration une plthore d'institutions et d'organisations qui donnrent aux Rockefeller « une influence inga-le sur les affaires nationales »23, et deuxime-ment il tablit une croyance durable en l'idolo-gie de coopration et de gouvernance internatio-nale de Fosdick, hrite de la vision qu'avait Woodrow Wilson de la Ligue des Nations.
Junior eut six enfants : une fille : Abby, et cinq fils : John. Nelson, Lawrance, Winthrop et David, dont quatre vont continuer jouer un rle essentiel dans l'avnement d'un Nouvel Ordre Mondial… et c'est vers eux que je me tournerai pour la suite de mon tude.
L'INTERNATIONALISME DES ROCKEFELLER
2 partie

Assoiff de pouvoir, Nelson Rockefeller, second fils de John D. Rockefeller Junior, avait tabli pour le Nouvel Ordre Mondial un plan qui rendrait les tats Nations obsoltes.
Nelson A. Rockefeller, le « publiciste » (1908-1979)
Dans les annes quarante et cinquante, l'lite amricaine au pouvoir concevait de grandes ambi-tions pour les cinq fils de John D. Rockefeller Ju-nior. (Pour illustrer les prjugs de l'poque, sa fille Abby fut exclue de ces dlibrations.) Des livres, comme par exemple le bel exercice de bros-se reluire d'Alex Morris : Those Rockefeller Bro-thers : An Informal Biography of Five Extraordina-ry Young Men (1953), spculrent ouvertement sur la faon dont la progniture de Junior ferait voluer l'uvre philanthropique de la famille. Certaines se vrifirent exactes. John D. III et Laurance sembl-rent tous deux enclins endosser ce style de vie pa-tricien tremp de philanthropie, tout en tentant d'influer sur la politique gouvernementale depuis les coulisses. David, bien sr, le prit de beaucoup plus haut, en conciliant cela avec une carrire de banquier, alors que Winthrop prit le chemin oppo-s, touchant un peu aux affaires puis exerant com-me gouverneur de l'Arkansas, poste relativement obscur du paysage politique amricain.
Ce fut Nelson, second de la fratrie, qui brisa le moule de faon dcisive. Contrastant avec ses frres plus rservs et en dsaccord avec les at-tentes familiales, Nelson entreprit nergiquement une carrire qui le propul-sa aux plus hauts niveaux du gouvernement, d'abord comme officiel puis com-me homme politique.
C'tait invitable et la mesure de sa personnalit dominante au sein de cette nouvelle gnration. Il tait extraverti et semblait immunis contre les res-trictions et interdits puri-tains de son pre. Nelson possdait galement un vaste apptit de pouvoir mais dviait des tradition-nels efforts de la famille calmer les craintes popu-laires concernant le pouvoir des Rockefeller en gar-dant un profil bas, et cherchait tre largement connu comme puissant personnage.
Ce fut donc Nelson qui clipsa l'an, John D. III, pour prendre une position centrale dans la conduite des affaires de la famille, dcid contr-ler le rseau philanthropique. Ainsi, aprs une car-rire erratique et peu satisfaisante au gouvernement, il tenta maladroitement de gagner le poste suprme : la Maison Blanche. Ainsi, pour Nelson, le mrite se mla la frustration et le prix qu'il paya fut lev ainsi que le dommage subi par le nom de la famille. Mme David finit par voir en lui, non plus  » un h-ros qui ne pouvait se tromper, mais un homme prt sacrifier presque tout son ambition dmesure « .24
Du technocrate au politicien
Spculant sans rserve sur le nom des Rockefel-1er, Nelson ouvrit les portes qui lui permirent de poursuivre une carrire varie au sein du gouverne-ment, aux affaires trangres dans les administra-tions Roosevelt, Truman et Eisenhower, bien que son pass ne se caractrist pas par un sens aigu de la diplomatie.
Sous la prsidence de Franklin D. Roosevelt, il remplit les fonctions de coordinateur du bureau des affaires Inter-Amriques (1940-44), celle de prsi-dent de la commission Inter-Amrique (1940-47) et de sous-secrtaire d'tat pour l'Amrique Latine (1944-45). Sa bonne fortune s'effrita avec Harry Truman qui dmit Nelson du Dpartement d'tat, apparemment la demande insistante du nouveau secrtaire d'Etat Dean Acheson qui supportait mal ses efforts fructueux tablir un courant de sym-pathie pour l'Argentine au sein des Nations Unies. C'est un Nelson assagi qui se retira dans la philan-thropie, accepta uniquement les appointements symboliques de prsident de l'international Deve-lopment Board (1950-51).
Sous Dwight Eisenhower, son toile brilla nouveau et il occupa le poste d'assistant aux af-faires trangres du Prsident (1954-55), puis se re-trouva la tte du  » Forty Committee  » charg de superviser les oprations secrtes de la CIA. Il avait t deux doigts d'obtenir une position su-prieure au ministre de la dfense. Mais une op-position conjointe des autres membres du cabinet prsidentiel avait pu convaincre – avec raison – Eisenhower de son intention d'augmenter drastiquement le budget de la dfense, provoquant la fin abrupte de sa carrire publique.
Ces expriences furent nanmoins salutaires son ambition. Ses relations houleuses avec l'esta-blishment technocratique, qui fit l'vidence une allergie son intrusion dans sa sphre, ouvri-rent son apptit pour un pouvoir politique plus important. Nelson ne se satisfaisait pas d'oprer depuis les coulisses com-me le faisaient ses frres et ne pou-vait envisager de continuer subir les humiliations inhrentes aux postes de fonctionnaire moyen.
D'aprs l'auteur Stewart Alsop, Nelson ralisa finalement  » qu'il n'y avait qu'une seule faon pour un homme trs riche comme lui d'obtenir ce qu'il avait toujours recherch – le vrai pouvoir et la vritable autorit politique « 25. Pour lui, cet ultime but tait reprsent par la prsidence des tats-Unis.
En 1958, s'appuyant sur son vaste hritage, il lana sa carrire politique, battant W. Averell Harri-man l'issue du  » combat des millionnaires  » et de-vint Gouverneur de l'tat de New-York, un poste qu'il garda jusqu'en 1973. Comptant sur cette posi-tion pour lui servir de tremplin vers la prsidence, Nelson fit campagne pour obtenir la repr-sentation des Rpublicains en 1960, 1964 et 1968, mais choua trois fois, dont deux contre Richard Nixon.
Ironiquement, ce fut la suite de la dmission de ce dernier lors du Wa-ter Gate qu'il russit fi-nalement entrer la Maison Blanche, mais comme Vice-Prsident d'un Prsident de transi-tion, Gerald Ford. La survie de Ford deux tentatives d'assassinat signifie qu'il fut deux fois un cil d'accder la prsidence, sans ja-mais y parvenir. Si prs et pourtant jusqu'ici… il n'est pas de mystre quant la rponse sche que donnait Nelson, la fin de sa vie, la question de savoir ce qu'il au-rait souhait le plus raliser :  » tre Pr-sident  » 27.
Internationalisme ou imprialisme
Il existe deux interprtations concurrentes concernant la vision des affaires trangres qu'entretint Nelson Rockefeller tout au long de sa carrire politique. La premire lui attribue une perception ultra-conservationniste et anticommuniste qui lui valut de la part de quelques journalistes le sobriquet de  » guerrier le plus froid de tous « . Elle voit en lui un imprialiste et militariste qui pensait que les USA devaient  » r-agir agressivement tout vnement dans le monde qui menace les intrts propres au pays  » (Chapman). Les d-fenseurs de cette perception s'appuient sur  » l'ambition ncrophile  » de Nelson (Fitch) de pourvoir chaque foyer amri-cain d'un abri anti-atomique, sur son appel l'augmentation de 10 % du bud-get de la dfense en 1960, sur ses re-proches adresss Eisenhower d'avoir laiss l'Union Sovitique dpasser les USA lors de la fameuse (mais illusoire) course l'armement des missiles inter-continentaux. et sur son apparente ab-sence de scrupules utiliser l'arme nu-claire contre l'insurrection communis-te.28
La seconde interprtation, de faon contraste, prsente Nelson comme un  » leader dans la campagne qui vise noyer la souverainet amricaine sous l'hgmonie d'un super-tat mon-dial « .29  » Je pense que Nelson Rocke-feller a clairement t engag pour es-sayer de rduire les USA une partie d'un gouvernement mondial socialiste  » dclarait en 1958 Robert Welch, fondateur de la John Birch So-ciety.30 On dpeint ici en Nelson un supporter insidieux d'un complot our-di par la classe dominante et visant utiliser le communisme pour subvertir la souverainet des USA et des autres pays du  » monde libre « .
Mais ces thories aussi caricaturales chouent cerner la vritable nature de la stratgie de Nelson l'gard de l'ordre du monde. Celle-ci cherchait sur le court terme assurer l'Am-rique une suprmatie militaire garantis-sant la victoire sur le communisme sovitique et envisageait long terme que les USA emploient leur statut de superpuissance dessiner un  » nouvel ordre mondial  » bas sur un fdralis-me plantaire organis autour de blocs rgionaux et le libre change commer-cial entre les nations. Les influences qui fondrent la politique trangre de Nelson furent nombreuses, dbutant avec celle de son pre et de Fosdick et continuant au travers de la plthore de conseillers politiques en rela-tions internationales qu'il em-ploya. Mais il est essentiel de tenir compte des diverses ori-gines de chaque approche.
Concernant sa vhmente conception anticommuniste du court terme, on dcouvre une surprenante source. Aprs son dpart peu inspirant de l'administration Eisenhower en 1955, Nelson a employ le Dr Henry Kissinger, partisan la pointe de la Realpolitik et toile montante de l'establish-ment. Ce dernier est large-ment considr comme adepte d'un gouvernement mondial mais cette assertion rsulte de faon primaire d'une analyse grossire pchant par associa-tion dductive htive de son appartenance au CFR (Council of Foreign Relations) comme preuve de cette tendance. Il n'y a aucun doute sur le caractre d-testable, au mieux goste, fourbe et opportuniste de sa personnalit31, mais il n'a jamais t partisan d'un gouvernement mondial. Par exemple, dans son premier livre issu de son activit au CFR, Nuclear Weapons and Foreign Policv, Kissinger rejette explicitement l'option du gouvernement mondial en la qualifiant de  » gure raliste « , ajou-tant qu'il ne pouvait y avoir d'chap-patoire aux responsabilits de l'ge du thermonuclaire par l'tablissement d'une autorit supranational « .32
Malgr cela. Kissinger tait utile Nelson, fournissant un support consis-tant ses fantasmes anticommunistes belliqueux. D'aprs Joseph Persico, au-teur de ses discours depuis quelque il annes,  » la solide conception qu'avait Kissinger d'un monde maintenu par l'quilibre des pouvoirs convenait par-faitement Nelson « .33 Mais l'influence qu'eut Kissinger ne doit pas tre sures-time. D'une part, son adhsion au principe de l'quilibre de la terreur r-sultait de son anticommunisme instinc-tif qui stigmatisait le bloc sovitique comme menace premire pour l'Am-rique. C'est donc cet quilibre de la terreur l'uvre de cette poque et par consquent les vues froides de Kissin-ger qui convenaient Nelson.
Cependant, dans une perspective long terme. Nelson tait incontestable-ment un internationaliste libral Wilsonien, couleur qu'il avait dj manifeste de faon intermittente depuis 1940. Par exemple. il joua un rle dcisif, travers la controverse gnre par la pression qu'il exera en faveur de l'adhsion de l'Argentine aux Nations Unies, dans l'adoption de l'article 51 (autorisant les alliances inter-tatiques dans le cadre d'une riposte une agression) dans la charte des Nations Unies.34 Mais dans le mme temps, mcontent de la prsence sovitique dans l'organisation interna-tionale et dtermin  » purifier l'Amrique Centrale et Latine de toute  » influence commerciale trangre « , Nelson tait un ardent supporter des blocs rgionaux, particulirement dans la perspective d'un hmisphre occiden-tal unifi sous la houlette des USA « . Durant la prsidence Eisenhower, Nelson fut un des plus froces dfenseurs du concept d'Union Atlantique, en dpit de l'opposition patronne par le secrtaire d'Etat John Foster Dulles qui quali-fiait l'ide de  » prmature « .36
C'est aussi dans cette priode de la fin des annes quarante, dbut des an-nes cinquante, que Nelson, en soutien de son objectif d'encourager l'avne-ment d'un hmisphre occidental unifi – ou, plus prcisment de la domination conomique amricaine sur l'Amrique Latine – cra I'American In-ternational Association for Economic and Social Development (AIA) et l'Interna-tional Basic Economy corpo-ration (IBEC). L'AIA tait ostensiblement destine promouvoir le dveloppe-ment conomique de l'Am-rique Latine et combattre  » la pauvret, la maladie et l'illettrisme « , tandis que I'IBEC tait cense encoura-ger l'investissement finan-cier. Prsident fondateur des deux institutions, Nelson les conut na-turellement pour servir son objectif de dveloppement. Mais en vrit, il tait guid par le but moins lev de rompre les barrires nationales s'opposant la pntration des socits amricaines en relation avec le glissement de la fortune Rockefeller du secteur ptrolier vers ceux de la banque internationale et de l'investissement dans le Tiers-Monde.37
Lorsqu'il dcrivait les activits de l'AIA et de l'IBEC, il employait une terminologie retrouve ensuite dans la bouche des adeptes de la mondialisa-tion.  » Aujourd'hui « , statuait-il la fin des annes quarante, le capital doit al-ler l o il peut produire le plus de biens, rendre les meilleurs services, ren-contrer les besoins les plus pressants des gens.  » Au sujet des actions menes par I'IBEC en Amrique Latine, Nelson fai-sait remarquer qu'en raison des  » gros problmes  » auxquels est confront  » notre mode de vie « , il tait essentiel qu'elles dmontrent  » que les entre-prises amricaines peuvent… aider les rsoudre, au bnfice de notre vie quoti-dienne et de notre position dans le mon-de des affaires « . Il dclarait que les USA avaient besoin de matriser de tels problmes  » s'ils souhaitent que leur sys-tme survive « .38 De l'ensemble de cette rhtorique de l'aide destine aux peu-ples, au final, ce qui restait primordial aux yeux de Nelson tait de protger et d'tendre « notre systme ».
Trois sources d'inspiration
Afin de comprendre la plus dfiniti-ve des expressions de l'internationalis-me libral de Nelson, il est ncessaire d'examiner sa carrire de candidat la Prsidence, du milieu des annes cin-quante jusqu' 1973. On peut noter alors, qu' l'instar de l'influence qu'eut Fosdick sur son pre, au moins trois sources d'inspiration guida la vision de Nelson durant cette priode.
– La premire fut le rapport de 1959 manant du Rockefeller Brothers Fund, Prospect for America. Epaul par Da-vid, Laurance, Winthrop et l'argent de la famille, Nelson avait mobilis prs d'une centaine de membres de l'esta-blishment de la cte Est pour participer ce projet spcialement conu pour ses campagnes prsidentielles. Les partici-pants taient diviss en six groupes : trois se focalisaient sur les sujets de d-mocratie intrieure, l'ducation et l'art contemporain alors que les trois autres s'intressaient la dfense, la politique trangre amricaine, le commerce in-ternational et le dveloppement cono-mique. Nelson donnait largement dans ce rapport des recommandations d-tailles pour tablir le leadership des USA lors de la mise en place des ac-cords conomiques rgionaux, des prin-cipes fondant le commerce international et dans la consolidation des institutions internationales.
Les conseils politiques du Prospect for America renforaient le consensus wilsonien internationaliste libral de l'establishment, recommandant l'Am-rique de se fixer pour objectif d'tablir  » un monde de paix, bas sur diverses en-tits politiques membres d'une commu-naut unifie « , s'agissant pour elle de saisir alors  » l'opportunit de faonner un nouvel ordre mondial « . Celui-ci consisterait en l'existence  » d'institu-tions rgionales subordonnes une or-ganisation internationale dont l'autorit crotrait – conue de sorte possder la capacit de traiter les problmes que les tats nations seraient de moins en moins en mesure de rsoudre seuls « . Pour ac-clrer le programme concernant le libre change, le rapport arguait que les USA devaient encourager la formation de  » systmes d'accords com-merciaux rgionaux partout dans le monde libre « , dont un  » march commun de l'hmi-sphre occidental  » compre-nant les Amriques du Nord, Centrale et du Sud. Le document avait galement lou les Nations Unies comme  » lment consti-tutif de notre conviction que les problmes d'impact mondial devaient tre traits par des ins-titutions d'envergure interna-tionale. « 39
– La deuxime source d'in-fluence, moins connue, s'in-carnait en la personne de Em-met John Hugues (1920-1982). C'tait l'auteur des dis-cours d'Eisenhower, conseil-ler suprieur en relations pu-bliques au Rockefeller Bro-thers Fund (1960-63), et le chef de campagne de Nelson en 1968. Hughes est dcrit par certains rcits, non comme une personnalit de premier rang mais comme l'un des  » hommes de confiance  » les plus proches de Nelson, exer-ant comme  » idologue en chef » ou comme  » thoricien de cam-pagne  » l'occasion de ses campagnes prsidentielles manques.40
C'tait galement un internationalis-te libral. Dans son livre de mmoires de l'poque passe au service d'Eisen-hower, The Ordeal of Power (1963), il se vantait d'avoir insr dans les dis-cours d'Eisenhower les expressions de « support amricain au droit internatio-nal, les Nations Unies, dsarmement et rorientation des efforts en direction d'un allgement de la pauvret dans le monde  » – Vision rvle galement dans le discours  » The Chance for Peace  » pro-nonc par Eisenhower le 16 avril 1953, au cours duquel il exhortait les Amri-cains soutenir un programme runissant  » toutes les nations  » dans l'alloca-tion des capitaux conomiss par le dsarmement un  » fonds pour l'aide et la reconstruction du monde « .41
– La troisime source d'influence tait reprsente par un proche ami et conseiller, Adolf Berle (1895-l97l), dont l'action se solda par d'importantes contributions l'idologie de l'interna-tionalisme de Nelson. A la fin des an-nes quarante, sa vision de la guerre froide comprenait la cration d'une  » politique de bon voisinage organisant les relations communautaires des na-tions librales » pour s'opposer l'URSS. Il s'opposa l'OTAN arguant que  » le langage des alliances militaires tait dpass « , et soutint la place le principe de scurit collective assum par les Nations Unies. Berle croyait aus-si dans les vertus de l'intgration inter-nationale conomique, mises en exergue dans son livre paru en 1954. The 20th Century Capitalist Revolution, qui sou-tenait l'ide d'une dynamique cono-mique capitaliste rendant obsolte l'enti-t Etat-Nation.
Il participa galement au projet Prospect for America, tablissant les lignes de re-cherche des divers groupes de travail et insista sur le be-soin de dvelopper  » une phi-losophie partage  » pour les affaires trangres. De plus, Berle collabora avec Kissin-ger l'criture du rapport final, et sa marque peut tre perue dans les sections les plus franchement favorables aux institutions supra-natio-nales et l'intgration cono-mique internationale.42″
Le « Nouvel Ordre Mondial » de Nelson Rockefeller
Ces diverses influences constiturent dans les faits une version lgrement mise jour du modle d'ordre mondial dict par le binme Wilson-Fosdick qui compre-nait dj les notions de libre march, d'institutions supra-nationales, de suprmatie amricaine et de dfaite du communis-me. Nelson souscrivit volontairement et d'une faon rpte, ce leitmotiv politique au long de sa course pour la Maison Blanche. L'ide que le changement mondial, en particulier en termes d'in-terdpendance conomique, rendant le concept d'tat Nation redondant, se trouvait au centre du credo Nelsonien. Ds 1951, il utilisa le terme  » d'interd-pendance  » pour caractriser les rela-tions conomiques entre l'Occident et les pays en voie de dveloppement.43 Mais ce fut dans son essai Foreign Affairs, en 1960, qu'il dclara penser que  » le fait essentiel de notre temps tait la dsintgration du systme politique h-rit du XIXe sicle…, la grande ide de cette poque tant celle de monde non pas en com-ptition mais en coopration « .44 De la mme fa-on, au cours de ses confrences sur le fdralisme l'universit d'Harvard en 1962, il affirmait :
Aucune nation ne peut aujourd'hui dfendre sa libert ou satisfaire les besoins de sa population depuis l'intrieur de ses frontires et par ses seules ressources propres,… 1'tat Nation, comme entit spare, menace, bien des titres, de devenir aus-si anachronique que l'tat Cit des Grecques an-itiques…45

Nelson soutenait que l'tat Nation devenait de moins en moins comptent pour assurer ses rles politiques internationaux, les structures de l'ordre international prvalantes avant vol en clat laissant un vide politique historique « .46 L'ancien ordre mondial bas sur l'quilibre des pouvoirs du XIXe sicle n'tait plus alors que les  » relations in-ternationales taient devenues vritablement plan-taires  » – ceci exigeait la dfinition d'un  » nouveau concept de relations entre les pays  » sous forme d'un  » cadre dans lequel les aspirations de l'huma-nit puissent tre satisfaites pacifiquement… « 47
Simultanment, Nelson critiquait le rle jou par les Nations Unies, estimant qu'elles  » n'avaient et n'taient pas capables de mettre en place le nouvel ordre mondial que les vnements exigeaient de fa-on irrsistible « . Il reprochait l'Union Sovitique et ses allis d'avoir affaibli les Nations Unies. Il affirmait que le bloc communiste tait dvolu « la manipulation du processus dmocratique des Na-tions Unies d'une faon suffisamment astucieuse et dtermine pour contrecarrer leur rle et leur pou-voir « . Mais la menace reprsente par le bloc com-muniste allait au-del des dommages aux Nations Unies et attentait la ralisation de ses propres « cruels desseins… regardant l'ordre mondial « . Les communistes avaient  » pris nos mots, nos appa-rences, nos propres symboles d'aspirations et d'es-poirs et, les avaient corrompus, tromps et trahis au profit de leur qute pour la domination du monde « .48
Cependant, au cours des primaires de la prsi-dentielle de 1968, Nelson tait moins pessimiste au sujet des Nations Unies, maintenant que l'organi-sation internationale n'tait pas en panne.  » En complment, affirmait-il lors d'un dner de soutien du parti rpublicain, les donnes recueillies mon-trent que la force des Nations Unies a grandi… » La question tait cependant ambigu :  » Jusqu' quel point les Nations Unies sont-elles propres servir l'intrt des USA, et comment peuvent-elles effec-tivement favoriser un ordre mondial plus stable… ? » La rponse de Nelson : assurance de la prise en compte de ces deux aspects du sujet. Bien que les USA ne pussent esprer contrler l'organisation to-talement, celle-ci pourrait agir dans  » l'intrt na-tional  » amricain (code habituel pour dfinir l'in-trt du monde des affaires) en maintenant un ordre mondial qui emploie les ressources d'autres Etats membres. Les oprations de maintien de la paix des Nations Unies, disait-il,  » ont constitu une contri-bution vitale en faveur de la construction d'un ordre mondial plus stable  » et ont ralis  » multila-tralement ce que les USA auraient d raliser eux-mmes un cot bien suprieur « . Les interven-tions menes par les Nations Unies taient souvent  » le meilleur moyen de contrler les crises dange-reuses « . alors que les  » actions unilatrales  » com-me le Vietnam ont tendance avoir des cons-quences  » boomerang « . Il tait  » parfaitement clair  » que les interventions des Nations Unies « ont consolid l'ordre mondial et galement fait progresser les objectifs des USA « .49
Il tait donc dans l'intrt de l'Amrique, selon Nelson, de  » prendre l'initiative du renforcement du rle des Nations Unies comme mdiateur et pro-moteur de la paix » « , alors  » qu'elles peuvent et doi-vent tre employes comme instrument primordial  » dans la recherche d'un  » monde meilleur « . En support de cet objectif, Nelson pr-conisait que les USA prennent l'initiative en  » amenant les conflits devant les Nations Unies avant qu'ils n'atteignent un point critique « , tout en  » encourageant un fort leadership  » de la part du Secrtaire Gnral en mettant l'accent sur la  » di-plomatie prventive et paisible  » et moins de rf-rence aux votes en faveur des objectifs amricains. Insistant sur le ncessaire renforcement des fonc-tions de maintien de la paix des Nations Unies, Nelson encouragea la participation des troupes de plus petits pays ses oprations, et soutint l'ide du dveloppement de leur financement. »50
Si les principes de Nelson semblent familiers en ce moment, c'est parce qu'ils furent largement re-pris par le rapport de 1992 du Secrtaire Gnral Boutros Boutros-Ghali, « An Agenda for Peace « . Boutros-Ghali y faisait rellement cho aux recom-mandations de Nelson dont les notions de di-plomatie prventive, de paix et en faveur d'un quipement prt servir pour l'ONU dans tout pays. En dpit d'un bouleversement bref de l'activit durant les annes quatre-vingt-dix, ce type de propositions se trouve loin d'tre rali-s, spcialement tant donn la suspicion de l'administration Bush l'gard des capacits de maintien de la paix de l'ONU.
Le  » monde meilleur  » que Nelson avait l'esprit, cens remplacer le systme existant d'tats Nations, tait essentiellement un monde fdr runissant les nations non-commu-nistes. Dans son livre Uni-ty, Freedom & Peace, Roc-kefeller soutenait en 1968 que l'ide fdraliste – telle qu'elle fut mise en uvre par les  » pres fondateurs de l'Etat amricain… par leur acte de cration constitutionnelle du XVIII sicle  » – pouvait s'appliquer  » au contexte plus large de la sphre des nations libres « , au profit d'une  » libert garantie et d'un ordre stable dans le monde libre « .51
Lors de sa confrence Harvard, Nelson rvla qu'il avait  » depuis longtemps pressenti que la route de l'unit des nations libres passait par la cration de confdrations en Occident et autour de l'Atlantique, peut-tre mme en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie « .52
Pour atteindre son objectif, il approuva l'extension de la Communaut Europenne comme  » processus d'intgration la commu-naut nord-atlantique. « 53  » L'unit politique europenne serait un premier pas  » vers la for-mation d'une  » communaut atlantique « , af-firma-t-il.54
De plus, en encourageant ce type de dve-loppement aux Amriques, les USA pourraient prendre la tte de la formation d'une  » Union conomique Pan-Amricaine  » qui serait alors devenu le march commun le plus important du monde.55
Mais Nelson tait trs clair en considrant ce type d'arrangement comme un moyen d'at-teindre ses fins ; tenant compte de la menace communiste et des problmes mondiaux,  » notre progression vers l'unit doit maintenant s'tendre des actions aussi bien l'int-rieur des rgions qu'entre elles ».56
Ainsi, les nouveaux accords rgionaux doi-vent tre vus comme l'tape sur le chemin me-nant une intgration mondiale:
L'unit en Occident implique un acte de cration politique – comparable celui engag par les  » pres fondateurs  » de notre pays -peut-tre d'une originalit, d'une audace et d'un dvouement plus grands encore. A notre poque, c'est le dfi qui nous guide, nous contraint, nous inspire l'laboration d'une grande alliance nord-atlantique, un regroupe-ment au sein d'une confdration nord-atlan-tique, qui mnerait une union mondiale des pays libres.57
Plus tt, Harvard, il avait voqu un dan-ger plus important ne pas russir cette unifi-cation :
Le choix historique qui nous fait face n'est pas moins que le suivant : soit les nations libres du monde prendront l'initiative d'adap-ter le concept fdral leurs relations, soit nous serons conduits, un par un, nous retirer dans un prilleux isolationnisme – politique, conomique et intellectuel – si ardemment re-cherch par la politique sovitique du « diviser pour mieux rgner ».58
Nelson Rockefeller fit sien le vieil argu-ment libralo-internationaliste selon lequel les USA devaient promouvoir le libre march mondial pour renforcer le systme de la libre entreprise et relier ainsi les autres parties non-communistes du monde. Il dclara qu'il devait exister une « expansion et une continuit de la politique commerciale librale amricaine  » dans la mesure o elle bnficierait non seule-ment aux pays en voie de dveloppement mais aussi l'conomie des USA.59 Et Dans une d-marche qui continue aujourd'hui tre connue sous le nom de  » rgionalisme ouvert « . Nel-son soutenait que la formation de regroupe-ments rgionaux de libre march pouvait tre un bon moyen d'tablir le libre march mon-dial :
Les accords rgionaux en Europe et en Oc-cident doivent tre utiliss comme modles pour l'organisation conomique des autres parties du monde. Compte tenu du point cl voulant qu'aucune nation ne puisse raliser ses aspirations par ses seuls efforts, les re-groupements rgionaux, dveloppant alors entre eux des politiques encore plus librales, constitueront alors une tape vers 1'objectif d'un systme mondial de libre change! 60
Reprenant plus tard cet argument lors d'un dis-cours donn au Executive Club en 1964, Nelson re-commandait que Washington utilise son influence po-litique pour  » tablir des rgles au sein du GATT, qui puissent garantir que les accords conomiques rgio-naux volueront vers une libralisation progressive du commerce plutt qu'une partition du commerce mon-diale selon les prfrences et la discrimination « .61
Nelson tait galement favorable la formation d'une « banque centrale mondiale  » qui pourrait  » em-pcher les crises montaires et contribuer au progrs conomique mondial « , suggrant que le rle du FMI soit  » largi dans cette optique « .62
Le thme le plus rcurrent de l'idologie interna-tionaliste de Nelson tait l'importance du leadership amricain. Les USA, dclarait-il lors de nombreux fo-rums, doivent prendre l'initiative lors du processus de cration d'une fdration mondiale, tout comme ils taient ns  » pour l'amour de l'ide  » que  » l'homme devait tre libre pour suivre sa destine unique et indi-viduelle – une croyance reposant sur notre foi in-faillible en la fraternit, attribut de l'humanit enti-re « .63  » Le tumulte dans le monde ne s'essoufflera qu'avec l'mergence d'un systme international plus ou moins gnralement accept  » crivait-il en 1968. « L'objectif est l'ordre… cependant, si nous ne pouvons crer cet ordre seuls, il ne peur tre tabli sans nous.  »

Pour Nelson, l'Amrique tait trop interconnecte pour chapper ses obligations : en fait,  » les rels in-trts de l'Amrique sont interdpendants de ceux des autres nations du monde libre « . Les implications taient ainsi videntes :
Nous devons assumer un rle de leadership digne des tats-Unis et proportionnel nos intrts et ceux du monde libre qui doivent tre considrs comme un tout.
Mme la chute du communisme ne librerait pas les USA de cette charge :
Nous faisons face des tches qui seraient, pour l'essentiel, identiques mme si le communisme n'avait jamais exist. Il nous est demand d'uvrer avec les peuples du monde afin de dvelopper une relle com-munaut plantaire.66
Alors que les annes soixante-dix avaient vu ses espoirs de gagner la Maison Blanche anantis, Nelson Rockefeller recherchait toujours une reconnaissance politique et se toqua d'environnementalisme, dvelop-pant nouveau une tendance internationaliste. Dans son livre, Our Environment can be Saved (1970), Nel-son invoquait les implications politiques invitables de la ncessit d'anticiper la dgradation de l'environ-nement, soutenant que la prvention de la crise cologique imminente pourrait  » devenir un terrain de co-opration accrue entre les nations « . A cette fin, il re-commandait que les USA  » participent coordonner la planification de contrles internationaux « .67

Vice-prsident par accident
Le sort voulut que l'autodestruction politique et personnelle de son adversaire Richard Nixon donnt une valeur nouvelle Nelson et en dcembre 1974, aprs un long processus de rvlations et de confir-mation au sein d'un Congrs suspicieux, il devint Vi-ce-Prsident de l'administration juste ne de Grald Ford. Malgr le fait que Nelson fut le prochain en ligne pour accder la prsidence, ses dclarations de politique trangre furent rares et trs prudentes dans cette p-riode. Avec son protg au poste de secrtaire d'tat aux relations extrieures, Nelson avait envisag d'exercer un contrle sur la politique intrieure. Il eut, cependant, des dmls avec le chef de cabinet de Ford, Donald Rumsfield, qui tait dtermin mainte-nir le manque de pouvoir du Vice-prsident
Bien qu'appoint en fait comme Vice-Prsident du Conseil des Affaires Intrieures (Domestic Council), Nelson se retrouva largement cart des prises de dci-sion. Au sujet de sa situation. Nelson raillait : « Je vais aux enterrements et aux tremblements de terre. »70 Sa contribution aux politiques extrieure et intrieure se limitait officier dans la Commission gouvernementa-le pour l'organisation et la conduite de la politique trangre en 1974, et de faon plus controverse com-me prsident de la commission sur les activits int-rieures de la CIA en l975.71
En analyse finale, cependant, son rle quelque peu marginal dans l'administration Ford eut en soi peu de consquences dans la mesure o le programme wilso-nien libral internationaliste fut adopt par Ford et Kissinger de toute faon, bien que ce soit plus attri-buable l'influence de David Rockefeller. Sous l'gi-de de la Trilateral Commission, David avait mobilis l'establishment contre la Realpolirik de l'administra-tion Nixon avec grande efficacit. Fini le leitmotiv nixonien de  » monde plus sr  » par l'quilibre des su-perpuissances et le ddain de l'ONU qui l'accompa-gnait.72 Il tait maintenant remplac par une adhsion inhabituelle (spcialement pour Kissinger) au droit in-ternational, la coopration institutionnalise entre les pouvoirs industriels (plutt que des alliances), aux notions de « communaut mondiale  » et  » d'interd-pendance mondiale croissante « .73
En effet, comme le faisait observer en 1976 l'in-troduction du texte de  » Projet pour les annes quatre-vingt » du Council on Foreign Rela-tions, « les prises de positions en-thousiastes du prsident Ford aux sommets de Rambouillet et de San Juan, l'instar des rcents discours de Kissinger, pourraient avoir ma-n des pages du Trialogue (Journal de la Trilateral Commission) « 74 L'internationalisme des Rockefel-1er avait encore laiss sa marque, mme si trs ironiquement, Nelson, malgr un poste de Vice-Prsident, n'y joua qu'un rle priphrique.
Sa marginalit s'accrut encore lorsqu'en novembre 1975, sur l'in-jonction de Ford, Nelson retira sa candidature de Vice-Prsident lors des lections prsidentielles de 1976. Ce fut l'uvre de Rumsfeld ; pen-sant qu'il reprsentait un handicap lec-toral, le chef de cabinet zl fit pression pour que Nelson soit dbarqu du train prsidentiel. Au lieu de constituer la marche finale qui dbouchait sur le bu-reau oval, comme Nelson le croyait, la Vice-Prsidence fut l'impasse dont ne ressortirait plus sa carrire politique.
D'aprs David Rockefeller,  » la d-cision de Ford descendit Nelson » et lui fit perdre tout intrt pour la politique. De plus, « chouant alors que le gros lot semblait porte de main », Nelson finit sa carrire politique comme un homme amer et aigri ». Il retourna dans la sph-re familiale o, dans un dernier sursaut, il tenta de prendre le contrle de la Roc-kefeller Brother Foundation des mains de ses frres et choua.75
La fin de Nelson Rockefeller fut soudaine et controverse souhait ; l'ex-politicien de 70 ans est rapport tre dcd en plein rendez-vous amou-reux avec une de ses employes sexuelles. Nanmoins, son trpas en 1979 provoqua un important et pieux moi dans les mdias contrls par les corporations. Time Magazine dclara  » Il tait guid par la vocation servir, amliorer et lever son pays « , alors que le New York Times louait en lui le  » phare de l'internationalisme  » et  » l'extraordinaire envergure de l'intrt et de l'effort qu'il consacra au pays « .76
Kissinger fut encore moins restrictif et fit l'loge de son bienfaiteur en le qualifiant de  » plus grand amricain que j'ai connu « , de  » gnie pragmatique qui  » aurait pu faire un grand Prsident « . C'tait en fait une « trag-die pour le pays » qu'il n'ait pu at-teindre son but. Kissinger affirmait aus-si que l'influence de Nelson sur les poli-tiques nationale et internationale amri-caines tait plus grande que le suppo-saient beaucoup de gens :
au final, ce fut souvent Nelson qui tablit le programme mis en uvre en-suite comme politique nationale. Le tra-vail intellectuel de base qui dboucha sur beaucoup d'innovations tait le sien… Le destin a voulu qu'il laisse sa marque durable sur notre socit, mme si c'est d'une manire presque anonyme qu'il conut ses programmes, qu'il pro-mut ses valeurs et changea la vie de beaucoup.
Si on laisse de ct l'loge servile et quelque peu imprcise de Kissinger, la monte et la chute de Nelson rvle que sa contribution l'laboration du Nou-vel Ordre Mondial fut au mieux margi-nale. Nul doute que s'il avait t lu Pr-sident, ne serait-ce que pour quelques annes, il aurait mis en mouvement les plans mondialistes qu'il avait soutenus au long des annes soixante. Heureusement, bien que cer-taines figures de l'establishment ne soient pas de cet avis, cela n'arriva pas.
Mais l'chec de Nelson ac-cder au bureau ovale le rduisit effectivement n'tre que le pu-bliciste de la vision du Nouvel Ordre Mondial de sa famille. Il fit la promotion des politiques fa-vorables une gouvernance mondiale, mais ne fut jamais en mesure de commander leur mi-se en uvre. Alors que Nelson tait incapable de s'assurer l'ac-cs au bureau si ardemment dsi-r et restait largement l'cart des institutions philanthropiques, sp-cialement la RBF et la Rockefeller Foundation qui donnaient la famille son rel pouvoir, l'amertume de ses der-nires annes n'est pas une surprise.
Comme nous le verrons dans les parties suivantes, ses frres furent alors les plus impliqus dans ces buts philan-thropiques, par les fondations et les or-ganismes politiques soutenus par les fi-nances de la famille. Ils eurent l'impact dcisif sur la formulation de l'idologie du Nouvel Ordre Mondial et sa mise en uvre. Et leur tte, bien entendu, David
 

Notes de fin :

1- Citations de Niall Ferguson, The House of Rothschild : Mo-ney's Prophets, 1798-1848, Pen-guin Books, 2000, pp 231-232
2- Peter Krass, Carnegie, John Wiley & Sons, 2002, pp 242, 410-411
3- Gary Allen, The Rockefeller File, 76 Press, 1976, p77 ; and David Icke, The Biggest Secret, Bridge of Love, 1999, p1-2, 267-268.
4- La littrature sur ces deux interprtations est considrable pour de rcents exemples de « corporatisme mondialiste » : David Korten, When Corpora-tions Rule the world, Kumarian Press, 1995 ; Naomi Klein, No Logo, Flamingo, 2000 ; Paul Hellyer, Stop Think, Chimo Media, 1999, et Anita Roddick (ed), Take it Personallv : how globalisation affects you-and powerful ways to challenge it. Harper Collins, 2001. Pour de rcents et classiques exemples de la thorie du « gouvernement socialiste mondial » : Gary Allen, None DareCall it Conspiracy, Concord Press, 1972 : James Perloff, The Shadows of Power ; Western Islands, 1998 ; William F. Jasper, Global Tyranny… Step bv Step, Western Islands, 1992 ; Gary Benot, « Globalism's Growing Grasp », The New American du 28 fvrier 2000 et William F. Jasper, « Global Tyanny… Boloc by Bloc », The New American du 9 avril 2001.
5- Pour de rcents exemples de cet agenda combin, complt de l'invitable rhtorique sur la protection de la dmocratie, voir : The Commission on Global Governance, Our Global Neighbourhood, Oxford University Press, 1995 ; George Soros, Open Society ; Reforming Glo-bal Capitalism, Little, Brown & Co, 2000 ; et Peter Singer, One World : The Ethics of Globalization, Text Publi-shing, 2002.
6- Rockefeller et Car-negie, cit par Ron Cher-now, Titan : The Life of John D. Rockefeller, Sr, Warner Books, 1998, pp 467, 313-314, 469.
7- ibid, pp 468, 566
8- ibid, p 638
9- Raymond B. Fosdick, « Personal Recollections of Woodrow Wilson », EarI Lathal (ed), The Philosophy and Polocies of Woodrow Wilson, University of Chicago Presse, 1958, pp 28-29. Remarquez que Fosdick tait aussi membre de tous les bureaux philan-thropiques crs par John D. Rockefeller Jr, dont le Rockefeller Institute for Medical Research, le General Education Bo- ard, l'lnternational Edu-cation Board, le Laura Spelman Rockefeller Memorial, le China Me-dical Board et le Spel-man Fund of New York.
10- Arthur S. Link, Wil-son: The Road ta the White House, Princeton University Press, 1947, p 479 ; Fosdick, « Personal Recollections », pp 29, 35, 39-41 ; et Raymond B. Fosdick, Chronicle of a Generation : An Auto-biography, Harper & Brother Publishers 1958, pp 188-189, 195-196.
11- Fosdick, Chronicle of a Generation, pp 204, 211.
12- Wilson cit par Tho-mas J. Knock, To End AIl Wars: Woodrow Wilson and the Quest for a New World Order, Princeton University Press, 1992, pp98, 112 ; Henry Kissinger, Diplomacy, Touchstone 1994, p 234.
13- Link, Wilson: The Road to the White House, p 24 ; et Wilson cit dans Ross A. Ken-nedy, « Woodrow Wilson, World War I, and an American Conception of National Security », Di-plomatic History, Winter 2001, p 23.
14. House cit par Char-les Seymour (ed), The Intimate Papers of Co. Lonel House, vol 1, Ernest Benn Ltd, 1926, p 215.
15- Wilson cit par Knock, To End All Wars, p 112.
16- Link, Wilson : the Road to the White House, pp 524-525, 490, 403, 485 ; Wilson cit par Lester V. Chandler, « Wilson's Monetary Re-form », Latham, Woodrow Wilson, p 126, et J. Law-rence Broz, « Origins of The Federal Reserve System : International In-centives an the Do-mestic Free-Rider Pro-blem « , Harvard Univer-sity, May 1998, pp 27-34.
17- Gene Smith, When The Cheering Stopped : The Last Years of Woodrow Wilson, Bantam Books,1964, pp 230-231.
18- Cit dans Fosdick, Chronicle of a genera-tion, pp 215-216, 224-225 227.
19- ibid, pp 215-216 ; Raymond B. Fosdick, John D. Rockfeller, Jr : A Portrait, Harper & Brothers Publishers, 1956, pp 205-207.
20- Fosdick, John D. Rockfeller, Jr, 388-390 ; et John Ensor Harr et Peter J. Johnson, The Rockfeller Century, Charles Scribner's Son's, 1988, pp 155-156.
21- Rockefeller cit dans Fosdick, John D. Rocke-feller Jr, pp 390-394 ; Harr & Johnson, The Rockefeller Century, p 156 and « The Library Benefactor : John D. Ro-ckefeller Jr, at UNOG Library website http:// http://www.unog.ch
22- Rockefeller cit dans Fosdick, John D. Rocke-feller Jr, pp 397-398.
23- Peter Collier et David Horowitz, The Rockefel-ler : An American Dynas-ty, Holt Reinhart & Wins-ton, 1976, pp 486-487.
24. David Rockefeller, Me-moirs, Random House, 2002, p. 191. Il faut ici remarquer que, d'une faon quelque peu impro-bable, ce qui dclencha le mo-ment de lucidit chez David fut le divorce de Nelson avec sa premire femme, Mary Toci-hunter Clark en 1961, et non sa course impitoyable vers le pou-voir ou ses brimades envers ses frres pour le contrle des fi-nances de la famille afin de fi-nancer ses campagnes lectorales. De plus, l'explication de David nglige le cot politique de ce divorce pour la campagne de Nelson en 1964.
25. Stewart Alsop, Nixon & Rockefeller : A Double Por-trait, Doubleday, 1960, p. 80.
26. Comme Jonathan Vankin le fait remarquer : « s'il n'y avait eu cette paire de pistolets en-rays, Nelson Rockefeller aurait ralis son rve de devenir Pr-sident sans mme gagner une seule voix ; voir Vakin, Conspi- racies, Cover-ups and Crimes : From JFK to the CIA Terrorist Connection, Dell Pu-blishing, 1992, p. 259.
27. Cit dans Cary Reich, The Life of Nelson A. Rockefeller : Worlds to Conquer 1908-1958, Doubleday, New York, 1996, p. xvii.
28. Stephen Chapman, « Rocky as St Sebastian », The New Re-public, 10 fvrier 1979, pp. 12-14 ; Robert Fitch, « Nelson Roc-kefeller : An Anti-Obitaary », Monthly Review, juin 1979, p. 13.
29. Gary Allen, The Rockefeller File, 76 Press, 1976, p. 50.
30. Robert Welch, The Blue Book of the John Birch Society, Western Islands, 1961, p. 113.
31. Pour une revue mordante des offenses de Kissinger dont de possibles crimes de guerre, voir Christopher Hitchens, The Trial of Henry Kissinger, Text Publi-shing, 2001.
32. Henry A. Kissinger, Nuclear Weapons and Foreign Policy, Council on Foreign Relations/Harper & Brothers, 1957, pp. 219-221.
33. Joseph Persico, The Imperial Rockefeller : A Biography of Nelson A. Rockefeller, Simon & Schuster, 1982, pp. 82.
34. Alsop, Nixon & Rockefeller : A DoublePortrait, pp. 88-89.
35. Peter Collier and David Horowitz, The Rockefellers : An American Dynasty, Holt Reinhart & Winston, 1976, pp. 230, 236-238.
36. George E. G. Catlin, The At-lantic Commonwealth, Penguin, 1969, p.49.
37. Blanche W. Cook, The De-classifled Eisenhoower : A Divi-ded legacy of Peace and Politi-cal Warfare, Penguin Books, 1981, pp. 295-296.
38. Ferdinand Lundberg, The Rich and the Super-Rich : A Study in the power of Money Today, Lyle Stuard Inc ; 1968, pp. 593-594.
39. Rockefeller Brothers Fund, Prospect for America : The Rockefeller Panel Reports, Double- day, 1961, pp. 24, 26, 34, 35,188, 228 (emphasis added).
40. Peler Collier and David Horowitz, The Rockefellers, pp. 340, 344, Persico, The Imperial Rockefeller, p.7l.
41. Emmet John Hughes, The Ordeal of Power: A Political Memoir of the Eisenhower Years, Atheneum, 1963, pp. 1021H (including speech quote) 218-221.
42. Jordan A. Schwarz, Liberal : Adolf A. Berle and the Vision of an American Era, The Free Press, 1987, pp. 304-305, 311-312.
43. Nelson A. Rockefeller, Widening Boundaries of National lnterest, Foreign Affairs, July 1951, p 527.
44. Nelson A. Rockefeller, « Purpose and Policy », Foreign Affairs ; 1960, p. 383.
45. Nelson A. Rockefeller, The Future of Federalism: The God-kin Lectures at Harvard Univer-sity 1962, Harvard University Press, 1962, pp.63-64.
46. ibid., pp.67, 64.
47. Nelson A. Rockefeller,  » Po-licy and The People  » Foreign Affairs, Janvier 1968, pp. 237- 238.
48. Rockefeller, The Future of Federalism, pp. 64-66.
49. Nelson A. Rockefeller, « The Unitel Nations : A Balance Sheet », Viral Speeches of the Day, 15 octobre 1968, pp. 18, 21, 20.
50. ibid., pp.19, 2l.
51. Nelson A. Rockefeller, Uni-ty, Freedom & Peace : A Blue-print for Tomorrow, Vintage, 1968, p. 133.
52. Rockefeller, The Future of Federalism, pp. 75-76.
53. Rockefeller, « Purpose and Policy », p. 383.
54. Nelson A. Rockefeller, « Our Foreign Policy : What is it ? », Vital Speeches of the Day, 15 avril 1964. p. 405.
55. Rockefeller, « Purpose and Policy », pp. 383, 386.
56. Rockefeller, The Future of Federalism, p.76
57. Rockefeller, Unity, Free-dom & Peace, p. 146
58. Rockefeller, The Future of Federalism, pp. 68-69.
59. Rockefeller, « Purpose and Policy », p. 384.
60. ibid., p. 386.
61. Nelson A. Rockefeller, « World Trade : The GAU Conference », Vital Speeches of the Day, 1er juin 1964, p. 495.
62. Rockefeller, « Purpose and Policy », pp. 386- 387.
63. Rockefeller, The Future of Federalism, p. 82.
64. Rockefeller, « Policy and The People », p.240.
65. Rockefeller, « World Trade », p. 497.
66. Rockefeller, « Purpose and Policy », p. 390.
67. Nelson Rockefeller, Our Environment Can Be Saved, Dou– bleday, 1970, pp. 152-153.
68. Le processus d'entrinement rvla alors que la fortune de Nelson A. Rockefeller s'levait 179 millions $ (un audit de l'ad-ministration rvalua plus tard la somme 218 millions $), ce qui est considrablement plus que ce qu'il avait laiss entendre ; mais Nelson n'tait pas milliardaire, comme c'tait le cas des super–riches des annes 70 comme John Getty ou Aristote Onassis. Voir Collier et Horowitz, The Rocke-fellers, pp. 485-486.
69. Michael Turner, The Vice President As Policy Maker: Roc-kefeller in the Ford White House, Greenwood Press, 1982, pp. xv, 158-163.
70. Cit par Persico, The Imperial Rockefeller, pp. 261-262.
71. Turner, The Vice President As Policy Maker, pp. 146-149.
72. « An Interview with the Presi-dent : « The Jury Is Out », Time, 3 janvier 1972, p. 9.
73. Voir, par exemple, du secrtai-re d'tat Henry Kissinger, « Inter-national law, World Order, and Human Progress », Departement of State Bulletin, 8 septembre 1975 ; Secretary Kissinger, « Building International order », Department of State Bulletin, 13 octobre 1975 ; and Secretary Kissinger,  » The Industrial Democracies and the Future « , Department of State Bulletin, December 1975. Il est noter que Kissinger chan-gea rapidement de rhtorique une fois cart du pouvoir. 74. Richard Ullman, « Trilatera-lism : 'Partnership' For what ? », Foreign Affairs, Octobre 1976, p. 11.
75. David Rockefeller, Memoirs, p. 337.
76. Time et New York Times cits dans Chapman, « Rocky as St Se-bastian », p. 12.
77. Henry Kissinger, « Nelson Rockefeller : In Memoriam » par Henry Kissinger dans : For The Record : Selected Statements, 1977-1980, Weidenfeld & Ni-colson & Michael Joseph, 1981, p. 171.

Au sujet de l'auteur:
Will Banyan, licenci s lettres, diplm en sciences de l'infor-mation, est un auteur spcialis en conomie politique de la mondialisation. Il a travaill pour divers Etats et pour le gou-vernement fdral amricain ainsi que pour plusieurs organi-sations internationales, comme plus rcemment sur des objectifs mondiaux pour une socit pri-ve. Il travaille actuellement sur une histoire rvise du Nouvel Ordre Mondial et peut tre contact : banyan007@redifmail.com .
Traduction : David Dennery
Revue Nexus n28

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